Dinan : les propriétaires du rempart sont identifiés

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Pierre-Yves Gaudart - Le Petit Bleu...
Une partie du rempart de Dinan est situé dans des propriétés privées.

Une partie du rempart de Dinan est situé dans des propriétés privées.

Ce qui était une hypothèse est désormais confirmé : 520 mètres de l’impressionnant rempart de Dinan (Côtes d’Armor) appartient effectivement à 40 propriétés privées, soient une centaine de copropriétaires.

Tel est le diagnostic de l’étude menée par le cabinet de géomètres Allain et les services du patrimoine de la Ville de Dinan. 

Trois exceptions, seulement, par rapport aux prévisions : des pans de murs qui se révèlent copropriétés de la Ville et de privés.

Une remontée dans le temps

Le cabinet a dû remonter dans le temps et étudier, aux archives départementales de Saint-Brieuc, les actes notariés qui se sont succédé pour chaque propriété. Explication de Simon Guinebaud, directeur du service patrimoines :

Les plus récents actes de vente sont moins précis : la mention du rempart est lacunaire, voire inexistante. Les plus anciens sont en revanche très explicites. Aujourd’hui, les propriétaires concernés, auxquels le cabinet Allain avait rendu visite pour consulter leurs titres de propriétés, ont en main un procès-verbal mentionnant les documents consultés et les conclusions de son étude. Les propriétaires sont invités à le signer. »

Une étude sanitaire du rempart

Parallèlement, une autre étude a été menée par Elodie Baizeau, architecte du Patrimoine sur l’état sanitaire de l’ensemble du rempart de Dinan, partie publique comme privée.

Chaque propriétaire va recevoir une fiche sanitaire concernant sa partie avec des recommandations. »

Le tour du rempart, un jour ? 

L’architecte du patrimoine travaille également sur la façon dont les parties privées pourraient s’intégrer dans un parcours du chemin de ronde que la Ville de Dinan aimerait ouvrir au public.

Le maire, Didier Lechien, souhaiterait que Dinan devienne propriétaire de l’ensemble du rempart.

Son offre : l’euro symbolique. Pas très alléchant, a priori mais cela permettrait aux propriétaires de se délester d’un bien qui peut se révéler encombrant pour des raisons d’entretien et de sécurité.

Le rempart a connu quelques déboires, ces dernières années, notamment les effondrements de 2007 et 2015.

Pas d’expropriation

Néanmoins, la Ville ne joue pas la pression et se refuse d’ailleurs à l’expropriation.

D’autre part, certains pans de remparts privés sont très bien entretenus selon Simon Guinebaud et ne menacent donc pas ruines. Dès lors, quel intérêt pour un propriétaire de vendre ?

Une servitude de passage

Il n’en reste pas moins que le rempart, tout comme le littoral, fait, « théoriquement » l’objet d’une servitude de passage, comme le mentionne le plan du secteur sauvegardé de la ville.

Ce qui signifie que le public devrait avoir le droit d’emprunter ce fameux chemin de ronde de 2,7km, en circulant sur les propriétés privées.

Mais il faudrait, dès lors, jouer à saute-mouton sur les murets qui le traversent sans oublier le fait que des maisons ainsi que le Monoprix constituent d’impressionnants barrages !

D’où l’intérêt du regard technique que donnera l’architecte du patrimoine à ce sujet.

Une méthodologie pour d’autres villes

Cette méthodologie semble inédite et a notamment suscité l’intérêt du conservateur régional des monuments historiques. « Il y a des centaines de villes en France, qui comportent des remparts et qui pourraient utiliser cette méthodologie. »

Coût des études : 31.800€ pour l’étude du géomètre et 35.000€ pour l’étude de l’architecte du patrimoine. Le rempart étant classé monument historique, les travaux, à réaliser par des entreprises spécialisées, sont éligibles à des aides financières.

... Source : https://ift.tt/2tONYyL

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