Le rendez-vous du mercredi. Environnement dans l'Eure : des idées locales pour aider à sauver la planète


Rédaction Pont-d'Audemer - L'Éveil de Pont-Audemer
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L’Eveil de Pont-Audemer est parti à la rencontre de lecteurs qui ont décidé de se mobiliser, à leur échelle, pour l’environnement. (©Illustration Adobe Stock)

Le Rendez-vous du mercredi ! Voici le nom de notre rubrique hebdomadaire. Portrait, rencontre, décryptage, enquête, dossier ou encore reportage. Découvrez le travail de nos journalistes via ce rendez-vous fixé chaque mercredi à 10 h tapantes. Bonne lecture.

DOSSIER.

L’Éveil de Pont-Audemer est parti à la rencontre de lecteurs qui ont décidé de se mobiliser, à leur échelle, pour l’environnement. Parce qu’ils en ont marre de voir des déchets flotter sur l’eau, marre de respirer un air pollué, marre d’avaler n’importe quoi… 

85 % de nos déplacements en voiture se font en autosolisme (seul). Ici, dans nos villes et villages, nous sommes condamnés à utiliser nos voitures pour aller travailler : les gares ferment les unes après les autres et le réseau de bus est peu développé […] Et ça, ce n’est pas bon pour la planète.

Armé de ce constat, Jean-Michel Ollivier, vice-président de la Communauté de communes en charge du Développement durable, a pris le taureau par les cornes et proposera, d’ici l’été, par le biais de l’association Pôle mobilité Risle-Pays d’Auge, un nouveau concept d’auto-stop sécurisé, sur tout le territoire : Rezo Pouce.

Il ne faut pas faire de l’écologie punitive, mais plutôt proposer aux habitants des solutions et les laisser en disposer.

Grâce à une application mobile, similaire à celle, déjà existante, Blablacar, les passagers pourront voir, en temps réel, les conducteurs du Rezo Pouce près de chez eux. « C’est écologique, économique et permet de tisser du lien », ajoute-t-il.

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Le maire de Quillebeuf, Alain Tessier, a fait inscrire un message sur le panneau du bac, demandant de ne pas jeter les mégots de cigarettes dans la Seine.

Le maire de Quillebeuf, Alain Tessier, a fait inscrire un message sur le panneau du bac, demandant de ne pas jeter les mégots de cigarettes dans la Seine. (©L’Éveil de Pont-Audemer)

Une gare multimodale

Par ailleurs, d’ici la fin de l’année 2019, la place Kennedy de Pont-Audemer doit devenir une gare multimodale (comprenant plusieurs moyens de transport). Au programme : vélos électriques, mais aussi voiture électrique, triporteur électrique et scooter sans permis électrique. Des panneaux inciteront également les usagers à privilégier les trajets à pied ou à vélo dans le centre-ville de Pont-Audemer.

Ne pas jeter ses mégots n’importe où

À Quillebeuf-sur-Seine, le maire Alain Tessier a décidé de « faire la guerre » aux mégots de cigarette. Depuis plusieurs semaines, un message s’inscrit sur le panneau lumineux pour prendre le bac.

Il y a un slogan qui est répété partout : un mégot à l’eau, c’est 500 litres d’eau polluée. J’ai remarqué à plusieurs reprises que des automobilistes profitaient de la traversée sur le bac pour vider leur cendrier, déplore l’élu.

Le maire invite les usagers à vider leur cendrier dans des poubelles et à ne pas jeter leur mégot au sol, même quand ils attendent le bac. « Nous ramassons beaucoup trop de mégots dans la commune. Ensuite, avec la pluie, tout va dans la Seine », conclut-il. À Pont-Audemer, on verra bientôt d’autre part à côté de certaines bouches d’eaux pluviales un slogan censé faire mouche : « Ne rien jeter, ne rien vider, ici commence la mer ».

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Limiter les emballages plastiques

L’idée de limiter les emballages plastiques dans le conditionnement de nos produits fait (un peu) son chemin malgré la pression des lobbys de l’emballage.

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Léa Samson et Manon Desrues. Elles créent un événement Facebook pour une « rando-écolo » aux étangs

Manon, Léa et Mec, leur chien et mascotte du mouvement, organiseront fin avril un premier rassemblement « rando écolo » sur le site des Étangs.

Manon, Léa et Mec, leur chien et mascotte du mouvement, organiseront fin avril un premier rassemblement « rando écolo » sur le site des Étangs. (©L’Éveil de Pont-Audemer)

Fermez les yeux et imaginez. C’est l’été, il fait beau (et chaud !). Vous décidez de faire une balade digestive sur le très joli site des Étangs. L’eau, les cygnes, la base nautique, la douceur de vivre… ça fait rêver, non ? Pour Léa Samson et Manon Desrues, le rêve s’est presque transformé en cauchemar. Un jour de février dernier, alors qu’elles viennent se balader aux Étangs, lieu de leur rencontre, les deux jeunes femmes se rendent compte que le site est sale, pollué par des déchets en tout genre. Armées de sacs poubelles (et de gants), elles reviennent plus tard et commencent un nettoyage drastique.

En seulement 20 minutes, autour du petit Etang, on avait rempli les deux sacs. Il y a de tout : bouteilles d’alcool vides, canettes, emballages de sandwichs, paquets de cigarettes… on a même trouvé une couche pleine, à côté de la poubelle ! s’indigne Léa.

« On n’est pas donneuses de leçon »

De retour chez elle, Léa publie, sur les réseaux sociaux, sa mésaventure du jour. « Et là, surprise, on a eu plein de commentaires. Les gens ont salué notre initiative ». Fortes de ces encouragements, les deux femmes créent alors leur page Facebook : rando écolo.

Comme ses créatrices, le principe est simple : se retrouver pour ramasser, ensemble, les déchets aux Étangs.

On veut faire ça modestement. On n’est pas donneuses de leçon, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Nous, on aime cet endroit, donc on veut le préserver. Et pour ça, on est prêtes à ramasser les déchets. Si les gens veulent nous suivre, tant mieux ! 

Fin avril, un premier rendez-vous doit donc être organisé aux Étangs. « Mais ensuite, on pourrait étendre le principe à d’autres endroits : la ligne de chemin de fer, la Tour romane… Maintenant, on voit des déchets partout ! » Et pour se faire, les deux femmes ont réfléchi à un plan d’attaque.

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« Je vais aller me renseigner auprès de la mairie de PontAudemer pour obtenir des sacs-poubelles et chacun va apporter ses gants. Il nous faudrait aussi des plans pour adapter la « rando » à tous et des consignes de tri claires », explique Léa. Intéressée par l’initiative, la Communauté de communes Pont-Audemer/Val de Risle a aussi contacté Léa.

À voir ce qu’on peut nous proposer. C’est vrai que, sur ce territoire, il y a encore des choses à faire pour inciter à l’écologie.

Comme penser à la déchetterie avant de jeter par terre, par exemple…

 

Pensez à la déchetterie !

Sur le territoire Pont-Audemer/Val de Risle, pas moins de huit sites de dépôt de déchets existent. Gérés par le Syndicat de destruction des ordures ménagères de l’ouest de l’Eure (Sdomode), ils accueillent les particuliers comme les professionnels. Olivier Delvallée, responsable de la communication pour le Sdomode, détaille : « Les particuliers peuvent se rendre dans n’importe quelle déchetterie de notre syndicat (17 en tout). Nous trions une quinzaine de filières dont les batteries, gros cartons, mobiliers, les déchets verts, l’électrique, la ferraille, les pneus, textiles, encombrants, gravats, plâtres… ».

Au dépôt, les particuliers ne payent rien, « puisqu’ils règlent, une fois par an, la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères ». Les professionnels, eux, ont accès à 12 de ces sites, dont des quais de transfert et/ou plateforme multifilières.

« Et eux payent une facture. Mais, s’ils vont à Martainville, par exemple, les coûts sont minorés pour le bois, les gravats et les déchets verts, car nous traitons les déchets sur place ».

Horaires et infos sur le site : www.sdomode.fr

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Vu à Pont-Audemer. Il ramasse les déchets en pêchant à l’aimant

Deux vélos, un chariot et de nombreux métaux… Le 12 mars dernier, grâce à un aimant relié à une corde d’amarrage, Christophe a pêché de drôles de « poissons »

Deux vélos, un chariot et de nombreux métaux… Le 12 mars dernier, grâce à un aimant relié à une corde d’amarrage, Christophe a pêché de drôles de « poissons » (©L’Éveil de Pont-Audemer)

Pour débarrasser les cours d’eau des déchets métalliques, des protecteurs de l’environnement se sont lancés dans la pêche magnétique. C’est le cas de Christophe. Équipé d’un aimant rattaché à une corde d’amarrage de bateau, cet habitant de Toutainville occupe son temps libre à dépolluer ainsi la Risle.

Un joli trésor 

Nous l’avions rencontré le 12 mars dernier, devant la médiathèque de Pont-Audemer. Ce jour-là, la pêche avait été bonne puisqu’il avait sorti de l’eau de nombreux objets : deux vélos, un chariot de supermarché et d’autres métaux plus légers. La semaine d’avant, il était allé pêcher aux Étangs, près de Carrefour Market. Il y avait remonté un fauteuil roulant.

Une fois tous ces déchets sortis de l’eau, Christophe contacte les services techniques de la municipalité qui se chargent de les récupérer.

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Ils marchent, ils courent, ils font du canoë… et ramassent des kilos de détritus

Le 9 mars dernier, des coureurs amateurs de trails ont ramassé de nombreux déchets au cours d’un parcours de 10 kilomètres sur le secteur de Pont-Audemer - Manneville-sur-Risle. Le départ et l’arrivée étaient fixés devant le Décathlon de Pont-Audemer.

Le 9 mars dernier, des coureurs amateurs de trails ont ramassé de nombreux déchets au cours d’un parcours de 10 kilomètres sur le secteur de Pont-Audemer – Manneville-sur-Risle. Le départ et l’arrivée étaient fixés devant le Décathlon de Pont-Audemer. (©L’Éveil de Pont-Audemer)

Et si marcher ou courir devenait un acte militant pour préserver la nature ? Munis d’un sac-poubelle et d’une paire de gants, des particuliers ont décidé de joindre l’utile à l’agréable.

Parmi les initiatives existantes sur le secteur de Pont-Audemer, citons l’éco-trail lancé par le Running Club de Campigny, en partenariat avec l’enseigne Décathlon et la société Ethik Sport. Afin d’associer la course à pied à la protection de l’environnement, une cinquantaine de sportifs motivés, accompagnés pour certains de leur chien, avaient rendez-vous le 9 mars dernier sur le parking de Décathlon de Pont-Audemer pour la 3e édition de cet éco-trail. Direction Manneville-sur-Risle et ses chemins boisés pour un parcours de 10 kilomètres. Les coureurs se sont arrêtés ponctuellement pour ramasser différents déchets découverts dans des chemins (plastiques, métaux, pneus…). La prochaine sortie est programmée en septembre.

D’autres sportifs se mobilisent pour protéger l’environnement. C’est le cas du club de canoëkayak de Brionne.

Dans le cadre des chantiers de jeunes bénévoles, subventionnés par le Syndicat intercommunal de la basse vallée de la Risle (SIBVR), une opération nettoyage de la Risle aura lieu les 15,16 et 17 avril prochains. À bord d’un canoë, les jeunes descendront la rivière qui traverse les communes de Brionne, Authou ou encore Pont-Authou, et ramasseront les déchets, indique Thomas Dupuis, technicien rivière au sein du SIBVR.

Des marcheurs nettoient leur village

De Quillebeuf-sur-Seine à Saint-Ouen-des-Champs, en passant par Aizier ou encore Saint-Thurien. Depuis quatre ans, un collectif baptisé « Sobriété heureuse » organise tout au long de l’année des opérations de nettoyage dans les centres bourgs. Le concept de « sobriété heureuse » fait référence à l’ouvrage de Pierre Rabhi Vers la sobriété heureuse dans lequel l’auteur critique vivement la société de surconsommation et appelle à modérer nos besoins.

Habitant Trouville-la-Haule depuis près de quarante ans, Bernard Fagoo est l’instigateur de ce collectif composé de marcheurs sensibles aux questions écologiques. Les opérations nettoyage ont lieu principalement le samedi ou le dimanche. Durant deux heures, les membres du collectif sillonnent les rues du village, équipés de gants et de sacs-poubelles.

Notre priorité est de ramasser le plastique pour l’empêcher de se décomposer et de finir dans les cours d’eau. On trouve également beaucoup de verre. L’objectif est de passer une fois par an dans chaque commune de l’ex-canton de Quillebeuf, explique Bernard Fagoo, retraité et diacre au sein de la paroisse Notre-Dame-Risle-Seine.

Il avoue aussi avoir été influencé par le pape François et son encyclique Laudato Si publiée en 2015. Cette lettre adressée aux évêques fait le procès du consumérisme responsable de la dégradation de l’environnement et du réchauffement climatique.

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