Nantes : les voleurs du reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne condamnés


Rédaction Saint-Nazaire - L'Écho de la Presqu'île
Le reliquaire avait été volé au musée Dobrée de Nantes

Le reliquaire avait été volé au musée Dobrée de Nantes

Les quatre hommes soupçonnés d’être les auteurs du vol du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne, dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, au musée Dobrée de Nantes (Loire-Atlantique), ont été condamnés lundi à des peines allant de dix-huit mois à quatre ans de prison ferme.

Conçu en 1514 et sauvé de la fonte lors de la Révolution française, ce joyau désormais caché dans un endroit tenu secret est d’une « valeur inestimable ».

Il renferme le cœur de la dernière duchesse de Bretagne et double reine de France.

Il avait été assuré à hauteur de 10 millions d’euros lors d’un prêt à une exposition, à titre de comparaison.

Enterré sous le sable

La nuit des faits, les voleurs étaient en fait rentrés par une porte accessible aux Personnes à mobilité réduite (PMR), dont le « jeu » avait été signalé par des agents de sécurité à leur hiérarchie.

Un manque de coordination et de communication entre les différents vigiles a également été mis en évidence devant le tribunal correctionnel de Nantes.

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Outre le reliquaire, 54 pièces de monnaie, 10 médailles et une statuette de Bouddha en cuivre avaient été dérobés.

Le butin avait finalement été retrouvé sur les indications du seul suspect à reconnaître son implication : il se trouvait dans un bidon en plastique enfoui sous le sol sableux, dans un chemin sableux entre Pornichet et Saint-Nazaire.

Considéré comme l’instigateur du vol, il a écopé de la peine la plus lourde : quatre ans de prison ferme.

« Ca prenait de trop grosses proportions »

J’ai restitué de moi-même le butin car ça prenait de trop grosses proportions et ça allait mettre en porte-à-faux des gens qui n’avaient rien à voir avec cette histoire

Ce Nazairien de 24 ans a aussi assuré avoir agi avec de mystérieux « Gitans » nantais, dont il n’a pas donné le nom, mais a voulu innocenter les amis jugés à ses côtés.

Il a répété, tout au long du procès, n’avoir « rien préparé » et être passé à l’action simplement « pour l’adrénaline » que lui procuraient déjà les jeux vidéo.

Cet étudiant en BTS Chimie a néanmoins reconnu être venu visiter le musée Dobrée sept mois avant son vol, dans le cadre d’un « devoir d’histoire-géo ».

L’examen de son ordinateur avait également révélé de nombreuses recherches sur la découverte de trésors, l’achat de pièces de collection ou encore les plans du musée Dobrée.

Le jeune homme avait été identifié assez rapidement grâce à l’examen de la vidéosurveillance urbaine de Nantes : une Peugeot 406 avait été vue en train de tourner autour du musée juste avant le cambriolage.

Or, la voiture – qu’il avait achetée sous un faux nom – sera finalement retrouvée incendiée peu après dans le village de Soulaine, à Pontchâteau.

1 000 € pour un « devoir d’histoire »

Son ami, 21 ans, a lui simplement reconnu avoir filmé l’intérieur du musée trois semaines avant le vol, à l’occasion d’une visite express de quatorze minutes, avec le smartphone d’une amie : il n’avait « pas trop d’argent » après sa sortie de prison et avait fait payer ce service 1 000 € à l’instigateur, toujours pour un « devoir d’histoire-géo »…

Une fois la vidéo envoyée par Whatsapp, il avait supprimé l’application du téléphone de son amie, avant de carrément faire détruire l’appareil.

Ces « repérages », selon le parquet, accréditaient donc l’idée d’une véritable « association de malfaiteurs ».

Le vol avait été commis en trois minutes par quatre individus masqués et gantés, équipés d’une hache et d’une lampe torche. avait aussi enroulé son pantalon à l’aide de ruban adhésif « pour ne pas perdre de poils » ou « avoir une éraflure ».

L’ami a écopé de trois ans de prison ferme ; son frère aîné, âgé lui de 25 ans, a lui été condamné à trente mois d’emprisonnement. Tous deux habitent à présent dans le quartier du Breil à Nantes mais ont grandi comme le principal suspect à Saint-Nazaire dans le quartier de la Chesnaie, où ils retournent souvent.

Un quatrième Nazairien a pour sa part été condamné à dix-huit mois de prison pour recel : ses empreintes avaient été retrouvées sur l’emballage qui entourait le butin. Tous ont été maintenus en détention à l’issue de l’audience.

Ils avaient déjà été condamnés par la justice pour des faits similaires ou bien étaient sous contrôle judiciaire dans le cadre d’enquêtes en cours.

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