Neufchâtel-en-Bray. Le parcours du combattant de Claude pour circuler avec son fauteuil roulant


Cynthia Lherondel - Le Réveil de Neufchâtel
Claude estime avoir du mal à circuler en fauteuil à Neufchâtel-en-Bray.

Claude estime avoir du mal à circuler en fauteuil à Neufchâtel-en-Bray.

Claude Brument estime que de nombreux endroits à Neufchâtel-en-Bray ne sont pas adaptés aux personnes qui circulent avec un fauteuil roulant. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreuses villes. Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime) ne fait pas exception.

« Pas grand chose de fait »

« Pour les gens comme moi, handicapés, il n’y a pas grand chose de fait. Les trottoirs sont quasiment inaccessibles », estime-t-il .

Condamné à circuler sur la route

Parfois, il est obligé de faire des détours de plusieurs centaines de mètres. D’autres fois, il est condamné à circuler sur la route, risquant l’accident à chaque instant.

Quand une voiture est stationnée sur le trottoir, je ne peux pas passer avec mon fauteuil. Je dois circuler sur la route. Un aménagement a été réalisé devant ma maison pour me permettre de descendre le trottoir. Mais il n’y a pas de passage protégé. Comme les voitures roulent beaucoup trop vite, il m’arrive d’attendre très longtemps avant de pouvoir me rendre de l’autre côté ».

Mais il refuse de rester cloîtré chez lui.

Pour moi, sortir, c’est une bouffée d’oxygène ».

Le fauteuil électrique se bloque

Il pointe un autre problème, route de Drincourt, près du Pont-Route, à hauteur d’un passage protégé. Claude ne peut pas l’emprunter pour deux raisons. La première : le trottoir n’est pas surbaissé à cet endroit. Face à un obstacle de ce genre, son fauteuil électrique se bloqu

Les roues arrières patinent dans le vide ».

Il arrive que des personnes lui proposent de l’aide :

 Vous savez le fauteuil pèse 127 kilos. Il faut y ajouter mon poids alors ce n’est pas évident ».

La seconde raison concerne la présence d’une place de parking devant le passage piéton. Elle est régulièrement occupée, obligeant donc le Neufchâtelois à faire un nouveau détour.

« Ce n’est pas normal », estime-t-il. Seule solution : continuer jusqu’à atteindre l’Avenue verte. Mais là encore, il déplore l’absence de bateaux adaptés afin de « descendre sans être secoué ».

Devant la perception, en centre-ville, il regrette là aussi l’absence d’un trottoir surbaissé. « Je fais encore un détour », explique-t-il.

Quand les trottoirs sont obstrués par des voitures, c’est un axe qu’il privilégie pour se rendre en toute sécurité au supermarché ou sur la zone commerciale.

Il déplore aussi l’étroitesse de certains trottoirs, comme ceux de la rue Jossier.

« J’ai eu vraiment peur »

Pour se rendre visible, il a équipé son fauteuil d’un gilet jaune et lui-même en porte un.

Mais cela n’est pas suffisant. « Plus d’une fois, alors que j’étais engagé sur un passage protégé, des voitures n’ont pas respecté la priorité ». Plus grave encore, « sur un passage protégé, j’ai été poussé par un véhicule. J’ai eu vraiment peur ».

Il dénonce aussi les véhicules qui stationnent sur les passages piétons, l’empêchant de circuler librement.

« Tout est faisable »

Dans la mesure du possible, il essaie de se rendre en ville tous les jours, pour aller chercher le pain, son journal, faire ses courses… Mais quelques commerces lui sont inaccessibles. Selon lui, il suffirait de peu pour rendre certains sites accessibles : « Tout est faisable. Je ne suis pas ingénieur mais croyez-moi que quand on veut, on peut trouver des solutions ».

Pour les trottoirs, le Neufchâtelois aimerait que des panneaux soient installés pour faire prendre conscience aux usagers de la route qu’il faut partager l’espace !

 

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