Seine-et-Marne. Droits des femmes : la députée Patricia Lemoine interpelle Marlène Schiappa


David Leduc - Le Pays Briard
Patricia Lemoine a évoqué l'agression d'une Seine-et-Marnaise en prison de Réau à l'Assemblée nationale.

Patricia Lemoine a évoqué l’agression d’une Seine-et-Marnaise en prison de Réau à l’Assemblée nationale.

Le 18 mai dernier, un détenu de la prison de Réau, en Seine-et-Marne, a sauvagement agressé sa compagne alors que cette dernière venait le visiter au parloir. Le jeune homme de 27 ans est suspecté d’avoir sauté à pied joint sur la tête de la jeune femme alors qu’elle lui aurait annoncé son intention de le quitter. La victime est dans le coma, grièvement blessée. Un drame de plus pour la députée de Seine-et-Marne Patricia Lemoine (Agir) qui a interpellée la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, sur les atteintes aux libertés des femmes, en France et ailleurs.

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« Un fléau »

« L’un des plus grands symboles de la liberté des femmes, celui de pouvoir disposer de leur corps, est contesté. Certes, cela n’est pas totalement nouveau. Ce qui est plus inquiétant, c’est que ce droit recule désormais dans les plus grandes démocraties de ce monde. Ainsi, aux Etats-Unis, l’Alabama et le Missouri ont récemment légiféré pour restreindre de façon drastique ce droit. La France n’échappe pas à ce constat puisqu’il y a encore quelques semaines, des gynécologues menaçaient d’arrêter de pratiquer l’IVG, se servant du corps des femmes comme un vulgaire levier de négociation », déclarait-elle à l’Assemblée Nationale.

Et de poursuivre : « Si la remise en cause de l’IVG est l’un des symboles majeurs de l’atteinte aux droits des femmes, je ne peux m’empêcher d’évoquer un autre fléau aux conséquences plus dramatiques : celui des violences et des féminicides. Le dimanche 12 mai, nous déplorions, impuissants, le 53e décès d’une femme sous les coups de son conjoint depuis le 1er janvier. Et vendredi dernier, dans mon territoire en Seine-et-Marne, un homme rouait de coups sa compagne venue lui rendre visite au parloir de la prison de Réau, allant jusqu’à sauter à pieds joints sur son visage, engageant son pronostic vital ».

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« Un enjeu majeur »

Patricia Lemoine concluait : « Madame la ministre, la condition des femmes est un marqueur majeur de notre civilisation. Elle est aujourd’hui en danger. Il y a urgence à agir ». De son côté, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a rappelé que « Ces situations sont gravissimes, et c’est pourquoi la France s’est engagé auprès du mouvement She Decides des Nations unies qui mènent des actions de plaidoyer international pour dénoncer les régressions chez nos partenaires, la Pologne, la Hongrie, les Etats-Unis, et d’autres et a engagé 10 millions supplémentaires partout dans le monde pour permettre aux femmes d’accéder à l’IVG ».

Et d’expliquer :

« J’étais avec les féministes argentines venues rencontrer le Planning familial et soutenir au festival de Cannes le réalisateur Juan Solanas dont le film montre les dangers des femmes quand l’ivg des femmes n’est pas autorisé dans leur pays. Ce qui se passe, c’est qu’elles vont avoir accès à un avortement dans des conditions déplorables au péril de leur vie. Ce qui signifie que celles et ceux qui se prétendent pro-vie sont en fait des gens qui envoient les femmes vers une mort certaine. Ce sujet ne mérite ni atermoiement ni hésitation ».

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