Seine-et-Marne : une ancienne décharge transformée en projet écolo


Audrey Gruaz - La Marne
5 000 m3 de gravats et de déchets ont été retirés du Bois du Chêne.

5 000 m3 de gravats et de déchets ont été retirés du Bois du Chêne à Isles-lès-Villenoy. (©La Marne)

Le changement est radical : même si pour le moment, le Bois-du-Chêne à Isles-lès-Villenoy, près de Meaux, ressemble encore à un terrain vague et qu’un espace reste à nettoyer, il n’a plus rien à voir avec ce qu’il était, il y a encore six mois.

Les 5 000 m3 de déchets, entassés pendant des mois par une communauté de 350 Roms, ont été retirés. Le terrain a été nettoyé, de la terre végétalisée recouvre désormais le site sur 8 cm et des semis donneront bientôt des prairies fleuries.

Mieux, un apiculteur y installera très prochainement ses ruches.

Mais avant d’en arriver là, il a fallu franchir de nombreuses étapes. A commencer par le rachat du terrain. C’est la Safer de l’Ile-de-France (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) qui s’est portée acquéreur du site. Puis les travaux de nettoyage ont pu commencer début 2019.

Lire aussi : Terrain occupé par les Roms à Isles-lès-Villenoy : les déchets enfin retirés

Des déchets enfouis sous 5 mètres

Mais en avançant sur le site, les ouvriers ont découvert une nouvelle fosse qu’ils n’avaient pas vue. Un espace dans lequel les déchets étaient enfouis sous 5 mètres de profondeur par endroits. « Il reste l’équivalent en volume de ce que nous avons déjà retiré sur l’ensemble du site. Heureusement, il n’y a pas d’amiante » déclare Johanne Cusset de la Safer. Un bureau d’études, missionné pour connaître le contenu de cet espace, vient de rendre son avis. Il faudra ensuite chercher des financements supplémentaires pour en venir à bout.

La SNCF finance les travaux et l’entretien pendant 20 ans

Les travaux ont été financés grâce à la… SNCF. Il s’agit pour la société des chemins de fer d’une compensation financière, comme lui impose la loi, pour les travaux du Grand Paris Express qu’elle réalise en Seine-et-Marne. La SNCF a donc accepté de prendre en charge la réhabilitation du terrain et son entretien pendant 20 ans, ce qui représente un coût de 459 000 €.

« Le dépotoir de l’Ile-de-France »

Sans langue de bois, Pierre Marcille, le président de la Safer de l’Ile-de-France, s’est interrogé

Comment un terrain comme celui-ci a-t-il pu être dégradé par la main de l’homme ? Nous sommes ici sur le dépotoir du développement régional pendant les 30 Glorieuses. Quand on a arrêté d’extraire dans les carrières, on l’a laissé à l’abandon jusqu’à ce que des gens s’y installent illégalement.

Sur le site, l’entreprise chargée de sa dépollution a découvert 5 000 m3 de déchets divers, essentiellement composés de bois, gravats, tôles et même des pneus. Ces déchets ont été évacués vers un centre de tri spécialisé, et 80 % d’entre eux ont pu être recyclés.

Sur une partie du site, les ouvriers ont découvert une fosse, profonde de 5 m, dans laquelle des déchets étaient entassés.

Sur une partie du site d’Isles-lès-Villenoy, les ouvriers ont découvert une fosse, profonde de 5 m, dans laquelle des déchets étaient entassés. (©La Marne)

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