Première en Normandie : la collecte des algues commence pour fabriquer du plastique biodégradable


Arnaud Héroult - Liberté Caen
Un ingénieur normand veut valoriser des algues échouées sur la côte de Nacre dans le Calvados.

Un ingénieur normand veut valoriser des algues échouées sur la côte de Nacre dans le Calvados. (©Liberté Caen)

À Douvres-la-Délivrande près de Caen (Calvados), Ecovalgue rentre dans le vif du sujet. Le ramassage des algues et leur valorisation vont commencer avant la fin du mois de septembre. Pour cela, à Douvres, la société dispose désormais d’un bâtiment de 400 m où deux séchoirs sont attendus.

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À l’extérieur, la laveuse est, elle, déjà arrivée. Tout comme la machine à dents. C’est elle qui sur la côte du Calvados, entre Ver-sur-Mer et Lion-sur-Mer, ramasse les algues. Ensuite direction Douvres en tracteur, où ce possible or vert sera lavé, dessablé, dessalé et séché.
La destination finale ? Souvent la Bretagne où des industriels savent valoriser l’algue fraîche. Dans l’entrepôt des algues seront également desséchées pour être utilisées pour du bio plastique par exemple.

Un an d’expérimentation

Pour Stéphane Dobriansky qui a créé Ecovalgue en 2017, c’est enfin le début de la phase concrète de son projet. Président-fondateur de cette SAS, il a pu investir après une augmentation de capital, suite à l’arrivée de deux actionnaires à hauteur de 30 % au total.
Persuadé de l’intérêt de la chimie bleue (l’équivalent marin de la chimie verte qui respecte l’environnement) : « l’avenir de l’algue », il est le premier entrepreneur en Normandie à collecter et à valoriser les algues. La Région (15 000 €) et l’Europe (17 000 €) ont d’ailleurs décidé de subventionner une première année d’expérimentation.

Sur 42 semaines, 400 à 1 000 tonnes d’algues vont être traitées. Dans un an, on dressera le bilan. Nous menons aussi une étude d’impact sur la collecte : pour savoir ce qui se passe sur l’estran et quelles sont les conséquences.

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Stéphane Dobriansky avec la machine qui ramasse les algues sur la plage.

Stéphane Dobriansky avec la machine qui ramasse les algues sur la plage. (©Arnaud Héroult/Liberté Le Bonhomme Libre)

À terme, si le résultat est probant, Ecovalgue envisage de traiter 12 000 tonnes par an. Une goûte dans l’océan. « En juillet à Courseulles, ce sont 4 000 tonnes d’algues qui s’échouent », sourit Stéphane Dobriansky, qui se dit « confiant ».
Bientôt un conducteur de ligne et un responsable R&D (Recherche et Développement) vont rejoindre Ecovalgue qui entend travailler avec la filière normande de l’algue. Par exemple avec le centre de recherche de biotechnologie marine d’Algaia basé à Saint-Lô (Manche).

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Stéphane Dobriansky le fondateur d'Ecovalgue à Douvres-la-Délivrande à côté de l'unité qui lave les algues.

Stéphane Dobriansky le fondateur d’Ecovalgue à Douvres-la-Délivrande à côté de l’unité qui lave les algues. (©Arnaud Héroult/Liberté Le Bonhomme Libre)

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