Yvelines. Municipales 2020 à Vélizy : l'opposition part en campagne et parle de censure


Florie Cedolin - 78actu
Amoroze Adjuward, élu d'opposition au conseil municipal de Vélizy.

Amoroze Adjuward, élu d’opposition au conseil municipal de Vélizy.

Ils évoquent un « déni de démocratie », un « muselage de l’opposition ». Amroze Adjuward, conseiller municipal d’opposition à Vélizy-Villacoublay (Yvelines) et Didier Blanchard, également dans l’opposition, membre du groupe Ensemble pour Vélizy font cause commune en cette rentrée 2019. En cause, la non-publication de leurs tribunes dans le journal municipal de septembre.

À la place des tribunes en effet, la page est vide et il y est simplement écrit qu’en raison de la période préélectorale, elles ne sont pas publiées.

Le 2 juillet, la responsable de la communication de la ville a sollicité les différents groupes du conseil pour transmettre au plus tard le 15 juillet leur texte de tribune libre à publier dans le journal municipal de septembre, raconte Didier Blanchard. Coup de tonnerre le 30 août. Un message lapidaire nous informe qu’elle ne sera pas publiée. »

Démocratie locale

Le message, très court, indique en effet : « Comme vous le savez, les dates des élections municipales ont été fixées au 15 et 22 mars 2020. La période de réserve commençant le 1er septembre, nous ne publions plus les tribunes libres. »

Mais pour les groupes d’opposition, la mairie s’est arrogé un droit qu’elle n’a pas, au regard de la jurisprudence et du code des collectivités.

Rien ne permet au maire de s’opposer à la publication d’articles dans la tribune libre, quand bien même ils seraient assimilables à de la propagande électorale, explique Amroze Adjuward. Les dispositions des articles L.52-1 et L.52-8 du code électoral n’ayant en effet pas pour objet de restreindre le droit des conseillers municipaux d’opposition. »

Le maire peut, en revanche, s’opposer à la publication d’une tribune si celle-ci revêt un caractère diffamatoire, puisque l’édile est également directeur de publication.

« Il s’agit d’un manquement grave à la démocratie locale et une tentative claire de museler l’expression des oppositions », conclut Amroze Adjuward. « Nous sommes face à un déni de démocratie locale avec la seule volonté de bâillonner les oppositions », ajoute Didier Blanchard.

Les deux conseiller municipaux d’opposition viennent d’envoyer une lettre cosignée au préfet Jean-Jacques Brot lui demandant de « faire respecter notre droit d’expression jusqu’aux élections municipales de mars 2020 ».

Le maire, Pascal Thévenot, est quant à lui serein. « Lorsque l’on entre dans la période des six mois de période préélectorale, nous ne publions plus les tribunes. »

Il explique sa décision dans son édito de septembre :

Si aucune liste ou candidat n’est encore déclarée, les règles en termes de communication sont très strictes et à appliquer à partir du premier jour du sixième mois précédant le mois pendant lequel ont lieu des élections, soit le 1er septembre. Aussi, pour éviter toute confusion entre les communications institutionnelles et électorales, nous avons décidé de ne plus publier les tribunes libres et de restreindre l’expression de mon édito. »

Le maire voit plutôt dans cette levée de boucliers des oppositions l’amorce de la campagne des municipales 2020.

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